Le projet budget Éducation nationale 2011 et le PAP : comptabilité oui, mais compatibilité non !

mercredi 3 novembre 2010

Le Projet Annuel de Performances (PAP), annexé au projet de loi de finances pour 2011, révèle une baisse budgétaire de la formation en premier degré public de 42 % : on passera de 507 millions en 2010 à 292 millions en 2011 (page 16) !

Quant au budget de la formation pour les personnels du second degré et personnels d’orientation publics, il passe de 222 millions à 116 millions d’euros soit une baisse de 47,7% !

« Tout le monde » ou en tout cas, le ministère sait que les professeurs, CPE, personnels d’orientation, professeurs des écoles et instituteurs publics n’ont plus besoin de formation depuis 2010 !

Pour le Privé sous contrat, (page 17) le budget formation des personnels
enseignants premier ET second degré passe de 96 millions d’euros à 61 millions d’euros soit une baisse de « seulement » 36,5% :
notons que, en pourcentage, cette baisse est moins importante que pour le public ; mais comme ce budget ne va pas intégralement à la formation des enseignants car il finance le fonctionnement des structures FORMIRIS nationale et locales, la baisse va frapper encore plus les enseignants des 1er et second degrés...

Le PAP révèle aussi quelques « perles » :
ainsi page 10 on peut lire qu’« Afin d’assurer la réussite de chaque élève, trois axes, étroitement liés, seront poursuivis :

  • personnaliser le suivi de chaque élève, afin de répondre précisément à ses besoins ;
  • donner plus de responsabilité aux établissements, qui sont les mieux à même d’évaluer ces besoins ;
  • enfin, parce que leurs fonctions évoluent, proposer aux professeurs un nouveau pacte de carrière. »

Cette dernière dénomination ne peut que nous alerter dans le contexte actuel de surcharge de travail, de salaire « au mérite » et d’individualisation des carrières !

Et les remplacements ? À budget égal, c’est la fin des délais de carence en second degré !
« L’année scolaire voit aussi la mise en œuvre de nouvelles dispositions pour renforcer l’efficacité du remplacement dans le premier et le second degrés, avec un ensemble de mesures cohérentes pour rendre le système du remplacement plus efficace, plus réactif et plus souple :

  • la suppression du délai de carence dans le second degré ;
  • la désignation par chaque établissement d’un référent dédié à l’organisation du remplacement ;
  • la mise en place par chaque académie d’un véritable service du remplacement ;
  • la levée des barrières administratives empêchant un enseignant d’une académie voisine de venir effectuer un remplacement ;
  • enfin la constitution d’un vivier complémentaire de personnels contractuels remplaçants, composé de jeunes retraités, d’étudiants diplômés et formés, dont la candidature aura été préalablement examinée et validée par les inspecteurs pédagogiques du ministère. »

Notons qu’il y a bien mise en place d’un vivier de précaires « étudiants diplômés et formés » , quant au travail des « jeunes retraités », la proposition est scandaleuse...

Et en quoi est-il PAP ? Où serait la « performance » ?

En premier degré, elle se décline en objectifs et indicateurs sur 10 pages du document (42 à 52) !

En second degré « Ces objectifs, en cohérence avec ceux de la Stratégie de Lisbonne “Éducation et formation 2010”, visent à :

  • ramener la proportion de jeunes quittant prématurément l’école sans qualification à 9,5 % en 2020, contre 11,8 %en 2008 et 13,3 % en 2000 ;
  • porter à 87 % en 2013 le pourcentage de jeunes de 20 à 24 ans ayant obtenu un diplôme du second cycle de l’enseignement secondaire.
    La loi n° 2005-380 du 23 avril 2005 d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école a fixé des objectifs ambitieux aux termes desquels la totalité d’une classe d’âge doit être qualifiée au niveau V, 80 % d’une classe d’âge doit être conduite au baccalauréat et 50 % d’une classe d’âge doit accéder à un diplôme de l’enseignement supérieur. »

Quant à la ligne budgétaire « actions sociales en faveur des élèves », elle passe de
67,1 millions à 66,7 millions d’euros soit une baisse de 6 % : on est bien loin d’une ambition affichée pour les élèves issus de milieu défavorisé...

Alors, redisons le : la véritable performance réside dans la qualité et la quantité du travail réalisé au plus près du terrain, par tous ceux qui portent, dans des conditions de plus en plus difficiles, au jour le jour, la véritable ambition de l’École républicaine.


Le PAP

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