LA BREVE DE NOVEMBRE 20

lundi 2 novembre 2020

L’assassinat de Samuel Paty, notre collègue, a jeté l’effroi sur le pays en lançant, cette fois-ci, une bombe dans le milieu enseignant, bombe tant redoutée dans nos rangs. Des messages de soutien ont été envoyés aux enseignant.es et dans l’Enseignement privé, le SGEC s’est aussi invité, une nouvelle fois, dans nos messageries académiques. Mais, quand on s’engage dans la défense de l’école et de ceux qui la font, on commence par respecter ses enseignant.es qui font le choix d’une démarche laïque. Quand on s’engage dans la défense des enseignant.es, on supprime l’accord préalable propre à l’enseignement privé qui se permet de questionner les candidats sur leurs convictions religieuses.

Et l’école est devenue un labo à ciel ouvert….
C’est sans même évoquer la situation la difficile situation que vivent les enseignant.es en temps de Covid qu’Emmanuel Macron a annoncé mercredi 28 octobre, le maintien de l’ouverture des écoles, collèges et lycées faisant de ce mêmes lieux un observatoire des aberrations et de l’incurie sanitaire. En effet, depuis la rentrée, on y assiste au grand n’importe quoi des procédures à géométrie variable que l’on modifie dans le seul but de ne pas fermer écoles ou/et classes. Les cas contacts qui n’en sont, ou plus vraiment et jeté aux oubliettes les préconisations devenues obsolètes mises en place par l’ARS début septembre….il y deux mois, un siècle…une éternité. Qui pouvait alors encore être surpris.e de l’échec de la stratégie « tester, tracer, isoler » vécu en 1re à l’école, devenue désormais la variable d’ajustement avec ce nouveau « confinement-saison2 ». Puisque comme d’habitude, le véritable argument du maintien de l’ouverture des écoles reste d’ordre économique et l’exécutif n’est même plus gêné de mettre sur le même plan associations sportives et écoles, ces deux « modes de garde » destinés à soulager les familles. Ces ouvertures reposent sur un présupposé décisif : les enfants sont faiblement contaminants, moins que les adultes et participent peu à la circulation du virus, présupposé donc qui devrait nous amener à nous interroger davantage s’agissant des adolescent.es. Si ce doute subsiste, quid également de la protection des personnels s’il s’agit de stopper la dynamique épidémique. Si les 1res études cliniques désignaient la faible contagiosité des enfants, d’autres études, épidémiologiques relèvent des failles dans cette approche. Et même si les enfants sont moins contagieux, « ce moins » ramené à l’ensemble de la population correspond à un « sacré plus », bref il signifie déjà beaucoup…trop….

Le nouveau protocole à la loupe…
Le protocole existe déjà et d’ailleurs celui-ci prévoit l’accueil partiel des élèves. C’est J.M. Blanquer qui l’a lui-même rappelé alors qu’il était invité sur un plateau de TV : « Depuis la rentrée et jusqu’à aujourd’hui on était dans le protocole 1, maintenant on passe dans le protocole 2, qui signifie des mesures renforcées ». Des propos destinés à laisser croire que tout est sous contrôle cache une arnaque totale. En effet, ce protocole 2 repose essentiellement sur l’accueil partiel des élèves et le dédoublement des groupes classe, ce qui a donc été mis en place lors du déconfinement dès le 11 mai dernier. Mais aujourd’hui, plus question de laisser une moitié d’élèves à la maison, aujourd’hui, le protocole du 29 octobre insiste au contraire très clairement sur « l’accueil de tous les élèves de tous les niveaux sur l’ensemble du temps scolaire ». Le MEN n’applique donc pas son propre protocole mais s’en vante ! De plus, la situation sanitaire actuelle semble désormais correspondre à l’hypothèse 2 du dit protocole précédent : fermeture et travail à distance.
Des mesures renforcées, vraiment ? Non de la poudre aux yeux : le lavage des mains, déjà fait ; la ventilation des classes, on fera au mieux, au cas par cas, à l’heure où l’Allemagne a déjà su débourser 500 millions d’euros pour l’achat de purificateur d’air, la limitation du brassage, complexe particulièrement à l’heure de l’application de la réforme du lycée, le nettoyage et la désinfection des locaux, très contraignante à mettre en place du fait du manque de personnel….reste le port du masque étendu aux enfants de plus de 6 ans, mesure qui divise largement parents et corps enseignant et une chose reste sûre si celle-ci est efficace pourquoi ne pas l’avoir envisagée avant !?

Au SUNDEP Solidaires, la seule mesure immédiate indispensable que nous revendiquons reste le dédoublement des classes en demi-groupe afin de limiter les contaminations dans les écoles, les collèges et les lycées !

Covid-19 : pour la gratuité des masques !
C’est à l’État de prendre en charge le coût des masques pour les élèves en primaire mais aussi au lycée. Dès le 2 novembre, le MEN impose le port du masque dès 6 ans mais pour autant on estime rue de Grenelle qu’un masque au même titre constitue une fourniture scolaire comme une autre et que c’est donc aux parents qu’incombe cet achat.
Où est l’équité tant recherchée au Ministère entre les enfants de familles aisées et les autres ?
Puisqu’il s’agit d’une problématique de santé publique, il est urgent de fournir des masques aux enfants dès 6 ans. Au MEN, on semble largement préférer le système D en proposant de faire porter des masques adultes à des enfants si d’aventure ceux-ci se rendaient sans masque à l’école ! Ubuesque !

Masques et argent ne font pas bon ménage
Après les avoir attendus plus d’un mois après la rentrée, dans un certain nombre d’établissements privés sous contrat, clairement livrés en retard, les masques grand public fournis par l’Education nationale ont créé un petit scandale. Traités par des biocides, des zéolithes d’argent et de cuivre, ces masques de la marque DIM pourraient se révéler toxiques lors de leur utilisation.
Cependant qu’on se rassure, le MEN a commandé une enquête. Les premiers résultats montrent la non dangerosité des masques si lavés préalablement et portés pas plus de 4h. Par précaution, toutefois, d’autres masques ont été livrés et seront donc distribués à la rentrée.
Au SUNDEP Solidaires nous réclamons des masques chirurgicaux seule garantie d’une protection sérieuse !

Face à l’obscurantisme : faisons FRONT !
Le SUNDEP Solidaires adresse ses plus sincères condoléances à sa famille, à ses proches, à ses collègues ainsi qu’à ses élèves. Pour notre syndicat, il est inconcevable de mourir d’enseigner la pensée et l’analyse critique.

Le SUNDEP Solidaires affirme de nouveau que tout.e enseignant.e doit pouvoir disposer d’une liberté pédagogique incluant l’utilisation de supports de son choix, supports ad hoc qui, pris dans le cadre des valeurs de la République, ne peuvent faire l’objet de censure ou de menaces de mort.

C’est en vertu de ce principe fondamental que le SUNDEP Solidaires souhaite qu’aucune concession ne soit faite aux fanatiques qui n’ont pour projet que la destruction de nos libertés. Nous nous opposerons toujours à la barbarie sous toutes ses formes.
En lecture le communiqué de presse d’une large intersyndicale à laquelle le SUNDEP Solidaires a participé : http://www.sundep.org/spip.php?article1918


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