2020, le bilan du Sundep Solidaires

mardi 29 décembre 2020

Quel bilan 2020 ?
De 2020, on se souviendra :
- des incohérences d’un protocole sanitaire qui change tout le temps,
- de Sibeth qui voulait nous envoyer aux fraises en plein effort du distanciel,
- du démerdentiel,
- de l’improvisation alors que notre ministre , nous répétait que nous étions prêts,
- de la défiance,
- de Samuel Paty...

Tous ces mots qui nous renvoient aux maux que nous avons affrontés avec une volonté de fer, pour ne pas céder au désespoir...
Le professeur en sciences économiques et sociales dans un lycée de l’Essonne, M. Watrelot, a fait un nuage de mots :𝐋𝐞𝐬 𝐦𝐨𝐭𝐬 𝐝𝐞 𝐥’é𝐝𝐮𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝟐𝟎𝟐𝟎 ...
Voici le nuage de mots réalisé à l’aide des réponses récoltées sur son Facebook(280) et son Twitter (156). 1253 mots passés par une appli qui donne + ou - d’importance selon la fréquence des mots. La police utilisée s’appelle « Pangolin »…Ça ne s’invente pas !

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MEPRIS
Ce mot, le mépris, les enseignant.es l’ont ressenti tout au long de cette année, avec ce gouvernement et surtout les propos de Sibeth Ndiaye (porte parole en début d’année), lors du compte-rendu du conseil des ministres le 25 mars 2020, qui parlait des enseignants qui « ne travaillent pas compte tenu de la fermeture des écoles ». Que les masques ne servaient à rien...

Jusqu’au sommet de l’État, les petites phrases et les stéréotypes sur les enseignants ont eu des conséquences sur la vie des enseignants…Alors, que toute la « continuité pédagogique » ne reposait que sur leur engagement personnel parce que le ministère n’avait pas anticipé la fermeture des écoles, les enseignants devaient maitriser des outils qu’ils ne connaissaient pas afin de garder à tout prix le contact avec leurs élèves. Et, le pompon, ils ont assuré cette continuité avec leur matériel et leur forfait Internet personnel donc démerdentiel, travail à distance, improvisation, tout le cocktail y était !

2- Samuel Paty
Partout en France, des élèves et des enseignants ont salué la mémoire du professeur d’histoire assassiné le 16 octobre après avoir montré des caricatures de Mahomet. Un nom qui restera marqué dans nos mémoires, parce qu’il faisait son métier et qu’il enseignait les valeurs de la République. Parce que ses supérieurs hiérarchiques ne l’ont pas soutenu alors qu’il était menacé...Après la lecture de la lettre de Jean Jaurès aux instituteurs et institutrices, et la minute de silence, les élèves, pour certains ont pu discuter, débattre de l’attentat, de la laïcité, de la liberté d’expression, des valeurs et de la fragilité de la vie. Beaucoup d’émotions ont pu être exprimé à ce moment-là.

3-Protocole, Mensonges, distanciel, démerdentiel, impréparation, improvisation, incohérences, adaptations.....
Tous ces mots renvoient au vécu de nombreux enseignant.es durant le confinement-déconfinement.
D’abord le confinement à partir du 16 mars, dans les écoles, a été vécu très différemment par les élèves et les enseignant.es. Le pays a connu 13 semaines de fermeture effective d’écoles, contre 14 semaines en moyenne dans les autres pays de l’OCDE.
Dans « Regard sur l’éducation », la France peut faire mieux dit le rapport comparé aux autres pays de l’OCDE.
« Les compétences des élèves et des enseignants en matière de TIC (Technologies de l’information et de la communication) se sont montrées indispensables pour assurer la continuité de l’enseignement pendant le confinement. Mais l’apprentissage en ligne n’a pas été une mince affaire : pour la France, cela s’est révélé être un handicap important, tant l’utilisation des outils numériques dans les apprentissages était loin d’être courante avant la crise sanitaire. Les enseignants ne suivent eux-mêmes pas beaucoup de cours à distance pour 
leur propre développement professionnel, et, en 2018, seuls 36 % des enseignants français déclaraient inviter leurs élèves à utiliser les TIC pour des projets ou des travaux en classe, contre 53 % pour la moyenne des pays de l’OCDE. « Malgré cela, on s’en est globalement bien sorti, il y a eu du volontarisme, de la résilience », a estimé auprès de l’AFP Éric Charbonnier, expert éducation de l’OCDE, pour qui la rentrée doit être l’occasion d’accroître le poids du numérique à l’école » écrit Louise Cuneo dans le journal, Le Point, le 08-09-2020.

Mais les enseignant.es ont véritablement touché du doigts la fracture numérique avec les familles : celles qui avait un ordinateur et les autres. Celles qui travaillait sur un téléphone portable et les autres. Celles dont les enseignant.es n’avaient plus de nouvelles...La crise sanitaire a exacerbée les inégalités sociales et culturelles. L’effort doit être mis, sur les dispositifs de soutien pour les élèves en difficulté, comme l’aide personnalisée au moment du déconfinement et le poursuivre.

Le ministère continue à nier l’évidence, il n’y a qu’à lire sur le site du ministère de l’education, les premiers résultats dans ,la note d’information N°20.26 en juillet 2020 . Le ministère écrit : « les élèves ont appris de manière satisfaisante » (...) « la majorité des parents se disent satisfaits des activités proposées » (...) les collégiens et les lycéens disent n’avoir rencontré peu de difficultés matérielles"...voir les chiffres de l’éducation nationale sur l’infographie dans le document ci-dessous .

Le seul côté positif du confinement ?
Les animaux ont pu profiter de l’espace laissé par les êtres humains confinés à la maison avec beaucoup moins de pollution dans l’air !

L’année 2020, c’est aussi des victoires syndicales du Sundep solidaires, comme :

1- être payé de ses heures de délégation
Dans le cadre de l’exercice de leurs missions, les membres titulaires de la délégation du comité social et économique (C.S.E) dans les établissements scolaires bénéficient d’un crédit d’heures de délégation.
Certains établissements continuent, malgré la loi, à nier l’existence des élu.es CSE et des délégué.es syndicaux et ainsi refusent le paiement de leur délégation. Pour l’heure, certain.es élu.es , à force de ténacité et de pression diverses et variées, ont eu gain de cause. D’autres ont porté l’affaire au tribunal administratif pour faire appliquer la loi parce que certains chefs d’établissement la remettent en question. Nous sommes en attente des résultats en 2021.

- 2- être payé de ses indemnités pléthoriques
Un professeur peut demander cette indemnité s’il remplit les conditions suivantes : « Un groupe à effectifs pléthoriques est un groupe de plus de 35 élèves. Lorsqu’un enseignant du second degré exerce au moins 6 heures par semaine avec un groupe à effectifs pléthoriques, il doit percevoir une indemnité de sujétion dont le montant est de 1250 € par an »- Décret n° 2015-477 du 27 avril 2015 instituant une indemnité de sujétion allouée aux personnels enseignants du second degré assurant des enseignements devant plus de 35 élèves-
Depuis plusieurs années , des professeurs de collège demandaient le paiement de cette indemnité, mais l’établissement leur répondait que le rectorat ne les payait qu’au professeur de lycée.
Alors, elles se sont tournées vers le Sundep Solidaires afin que le décret s’applique aussi en collège. Après quelques tergiversations, le rectorat a fini par céder pour s’éviter le tribunal administratif !
La victoire fut claire et nette et seront rémunérer pour cette indemnité. De plus, au vu du droit public, les collègues peuvent demander jusqu’à 4 années en arrière puisque il a un effet rétroactif !

- 3-Journée pédagogique
Dans différents départements de France, il y a toujours des établissements qui continuent à dispenser les célébrations religieuses, journées des Assises à la place des journées pédagogiques . A chaque fois, le Sundep solidaires dénonce ces agissements auprès des rectorats pour que cesse ces agissements.

- 4-PPCR
A plusieurs reprises, le Sundep solidaires a dénoncé le fait que des collègues n’ont pas eu accès au site de Iprofessionnel pour prendre connaissance de leurs appréciations suite au rdv de carrière. Il y a des bugs informatiques , des dysfonctionnements informatiques qui ne permettent pas aux collègues d’écrire leur observations ou bien d’écrire un recours faute de pouvoir lire leurs appréciations. Le Sundep solidaires a résolu au cas par cas certaines situations.
D’autres situations ont été portées jusqu’en CCMD et CCMA , par les élues Sundep solidaires, pour défendre les droits des collègues. Ainsi nous avons pu faire modifier des appréciations finales injustement données (les seules à pouvoir être modifiées à la lecture du décret ) .
Par exemple, une professeur des écoles a pu passer à la hors classe après révision de sa situation par le DASEN après que les élues Sundep aient dénoncé l’attitude peu scrupuleuse de son chef d’établissement.

-5- accéder à un temps complet si le professeur des écoles le demande
Voilà depuis deux ans qu’un professeur des écoles demandait son retour à temps complet, sachant que le financement des études des enfants est onéreux. Le chef d’établissement et le Rectorat s’y opposait. Les élues Sundep solidaires, en CCMD ont défendu, la collègue, sachant que rien ne s’y opposait. Les deux autres syndicats étaient d’ailleurs favorables à cette reprise à temps plein. Le chef d’établissement a du motiver son avis défavorable. Mais , le Sundep solidaires a jugé qu’il était irrecevable : En effet, le chef d’établissement était d’accord pour que la collègue reprenne son temps complet mais pas dans son école (soit 0,25 heures) alors qu’un suppléant était nommé à la rentrée...
La collègue, accompagné du Sundep Solidaires, a porté cette affaire au tribunal administratif et a gagné et a ainsi récupéré son plein temps.

2020, dans l’hexagone, belle aventure humaine ?
Voiciles Goguettes « 2020 dans l’Hexagone »


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