Scolarisation à deux ans : non aux « jardins d’éveil »

mercredi 15 avril 2009

Nadine Morano, secrétaire d’Etat à la famille, a annoncé le 7 avril que le financement de 8 000 places en « jardins d’éveil » d’ici à 2012 était prévu par la Caisse nationale des allocations familiales.

Cela dément un accord passé à l’automne entre Darcos et une association de maîtres de maternelle (Ageem) qui prévoyait le gel des mesures de suppression, et même une revalorisation de la maternelle.

Et cela confirme le double discours du ministre, lequel estimait par ailleurs qu’il n’y avait pas besoin de bac plus 5 pour garder des gosses et leur changer les couches, puis qui s’était ravisé et avait souligné la complexité du travail mené par les maîtres de maternelle ...

Surtout, cette décision s’inscrit dans la droite ligne des politiques menées depuis 2002 qui, au nom d’une conception archaïque de la famille et pour faire des économies au profit du budget de l’État, n’ont cessé de rogner sur les postes pour supprimer cette scolarisation précoce.

Dans certains départements, l’enseignement privé a déjà devancé la décision ministérielle en ouvrant l’équivalent des « jardins d’éveil » en 2008-2009.

L’enseignement catholique prône d’ailleurs officiellement l’ouverture de ce type de classe dans ses écoles (voir article).

Cela pose le problème de la nature des établissements qui sortent alors de la logique du contrat avec l’Etat.

Le financement de ces structures est aussi problématique : à coté de subventions des CAF et des collectivités locales, il repose principalement sur les « contributions des familles », devenant très élitiste car peu ont la possibilité de faire face aux prix élevés demandés.

Enfin, les personnels qui y interviennent, bien sûr non recrutés sur une base de personnel enseignant, le sont dans une logique de précarité et de sous-rémunération.

 La maternelle française, un exemple copié ailleurs et remis en cause en France

Développée à partir des années 1970, la préscolarisation des enfants de moins de 3 ans a rapidement progressé : elle concernait 10 % des « 2 ans » en 1960, 18 % en 1970, 36 % en 1980.

Avec de très grandes variations selon les départements : dans certains regroupant beaucoup de population aux revenus faibles, le taux a pu dépassé les 50%.

Les chiffres se sont ensuite stabilisés pendant une décennie avant d’amorcer une décrue à partir de 2002 : par exemple, les inspections académiques se sont mises à ne plus intégrer ces moins de 3 ans dans les effectifs, ce qui pénalisait les écoles qui en accueillaient beaucoup ...

A ce régime, en 2007 seuls 20 % des enfants de 2 ans étaient préscolarisés en maternelle.

Deux rapports (Tabarot et Papon – Martin) ont préparé la décision de la fermeture définitive des classes d’accueil à 2 ans, sur des motifs avant tout idéologiques ... et financiers :
- rien ne remplace la mère (argumentaire vite abandonné car en complet décalage avec les modes de vie actuels),
- la maternelle « ce n’est pas de l’école mais de la garderie »
- plus les moyens d’y mettre des enseignants à bac +5 « pour garder des enfants qui font la sieste l’après-midi ».

La plupart des pays développés s’engagent au contraire dans le développement de ce type de structure : ainsi, 86 % des enfants européens de moins de 4 ans sont scolarisés, dispositif jugé efficace pour améliorer les apprentissages et les résultats scolaires ultérieurs, et donc facteur d’égalité face à l’éducation.

Obama lui prévoit d’investir 10 milliards de dollars dans l’enseignement pré-élémentaire car, d’après plusieurs rapports, c’est là qu’il faut investir pour augmenter le nombre de diplômés du supérieur.

En effet d’ici 2014, les Etats-Unis auront besoin de 30% de jeunes titulaires du bac en plus, de 20% de jeunes de niveau universitaire, de 17% de titulaire d’une licence en plus ... L’enseignement pré-élémentaire y est perçu comme LA réponse à ces besoins car c’est uniquement dans les couches populaires qu’elle dispose encore d’un vivier de futurs étudiants.

Une croyance dans les bienfaits du système éducatif à mille lieux des pensées de nos gouvernants actuels, lesquels ne le voient que comme un foyer de dépense à élaguer à tout prix !

 Nos revendications

Le SUNDEP demande le redéploiement de l’école maternelle laïque et gratuite pour tous :
- qui accorde toute sa place à l’enfant, au futur citoyen ;
- qui considère l’enfant dans sa globalité ;
- qui lui donne le temps de s’approprier les savoirs ;
- qui vise la construction et l’épanouissement de sa personne … ;
- qui privilégie le jeu, la manipulation, l’expérience sensible et l’accès à la pensée symbolique".

Nous revendiquons aussi une formation de qualité pour les maîtres qui y interviennent, car la tâche de l’enseignant y est très complexe pour à la fois gérer la relation et établir un climat sécurisant, ainsi que construire des séquences d’apprentissage qui doivent prendre en compte les spécificités de chaque enfant.


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