L’investissement dans l’enseignement supérieur en gros retard en France

mardi 30 juin 2009

Le mouvement étudiant qui aura duré la plus grande partie de l’année conteste :
- l’autonomie des universités comme moyen de leur appauvrissement, et l’installation d’une encore plus grande disparité entre la grande majorité sans moyens et les quelques universités riches du financement privé ;

- le statut des enseignants - chercheurs, qui condamne la plupart à choisir la recherche appliquée rémunératrice, à éviter les sciences humaines et à augmenter leur charge de travail ;

- le développement des masters d’enseignement qui permet de supprimer la phase de professionnalisation (les stages en responsabilité) et la rémunération de l’apprentissage du métier aux futurs enseignants (qui devront donc financer à leurs risques la quasi totalité de leur formation).

Globalement donc, les étudiants et leurs enseignants s’opposaient à une politique de désinvestissement ... que confirme cette note, pourtant rédigée avec le style prudent des experts.

La Note relève trois faits intéressants. D’abord le faible niveau de dépense par étudiant en France : en général 2% du PIB dans l’OCDE contre 1,3% en France.

Le deuxième fait c’est le faible taux d’obtention d’un diplôme à l’issue d’une formation supérieure : seule l’Italie est vraiment derrière nous dans les pays de l’OCDE.

Enfin le troisième élément c’est le rapport entre dépense par étudiant et croissance économique. Selon la Note, "tous les pays ayant un PIB par habitant supérieur à celui de la France présentent également des dépenses par étudiant plus élevées…

L’effort consenti accroît la richesse nationale. Ainsi une augmentation des dépenses d’enseignement supérieur de 0,7 point du BIP de la France se traduirait par une croissance potentielle de 0,2 point au bout de 10 ans et de 0,4 point au bout de 15 ans, soit 2 points de PIB en 2017 et 4 à l’horizon 2022".

D’autres facteurs sont importants notamment l’organisation et la qualité de l’offre de formation et la qualité de l’orientation".

On notera un dernier point : s’il y a croissance des dépenses ce ne sera pas du fait d’une croissance du nombre d’étudiants : celui-ci a déjà tendance à diminuer. La Note se garde de le signaler mais on a là une différence notable avec les autres pays développés, d’autant qu’on considère comme enseignement supérieur en France des formations courtes (bac +2).

Si la croissance économique dépend du taux de diplômés du supérieur, l’augmentation du nombre d’étudiants et de ce taux dépend en partie de l’enseignement supérieur, mais en partie aussi de la capacité du système éducatif de base à se démocratiser.

Car les étudiants supplémentaires dont l’économie pourrait avoir besoin ne seront pas trouvés dans les classes favorisées où déjà le taux d’accès au supérieur est très fort. Ils ne pourront être trouvés que dans les milieux défavorisés. C’est notre capacité à hisser jusqu’au supérieur les enfants issus des milieux ouvriers et issus de l’immigration qui sera déterminante.

Et là, les décisions prises tant en ce qui concerne la scolarisation précoce, avec le projet de « jardins d’éveil » payants et les fermetures des classes 2-3 ans, que l’enseignement prioritaire, avec un financement inférieur de ces établissements par rapport à ceux de centre-ville (salaires compris), pèsent négativement.

Résumé d’après Café pédagogique

Note de veille du Centre d’analyse stratégique


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