Appel pour l’École publique, pour la liberté de conscience et pour une autre école

samedi 6 février 2010

Une vingtaine d’organisations lancent un « appel national pour l’Ecole publique » et considèrent qu’« à travers la désectorisation ou la loi Carle, le gouvernement prépare le terrain aux marchands d’école ».

Le SUNDEP, qui refuse la mise en concurrence public - privé prônée par le gouvernement et revendique au contraire une unification du système éducatif, a dénoncé les favoritismes du gouvernement ces dernières années en faveur de l’enseignement privé :

  • dénonciation du projet de masters délivrés par les facultés catholiques sans contrôle de l’Etat français (mais sous la tutelle du Vatican : accord Vatican - Kouchner) ;
  • dénonciation de la loi Carle, laquelle va durablement déséquilibrer les finances des communes au détriment des écoles publiques ;
  • protestation face à la répartition inégalitaire des places aux concours externes 2010 : régression du côté public, doublement (voire triplement pour les PLP) du côté privé. Et nous dénoncions dans le même temps la stagnation des places aux concours internes, privés comme publics, qui ne permettront pas de résorber la précarité, très lourde dans le privé (20% en 2nd degré, 13% dans le 1er degré).

Pour nous, l’avenir du système éducatif français, mis à mal par le désinvestissement et par des « réformes » qui sont autant de régressions, doit au contraire passer par la remise à plat de son fonctionnement pour répondre aux besoins de la population et de ses enfants dans le sens de sa démocratisation.

La politique actuelle vise au contraire à l’abandon des publics moins favorisés (suppression de la scolarisation des moins de 3 ans, fin des RASED et des dispositifs de soutien, bac pro en 3 ans, réforme du lycée qui va renforcer la sélection... ).

Le désinvestissement dans l’enseignement public met en danger l’ensemble du système. Mais les désinvestissements fragilisent aussi diversement le privé sous contrat :
- la plupart des écoles primaires subissent une forte érosion de leurs effectifs,
- dans l’enseignement secondaire cohabitent des établissements pour les classes favorisées aux finances largement pourvues, et d’autres, plus populaires, qui rencontrent eux aussi des difficultés et dont les personnels subissent licenciements et pertes d’heures.

Les premières organisations signataires de la pétition « Appel national pour l’École publique » estiment que la loi Carle concernera à terme 400 000 enfants, soit 400 millions € qui s’ajoutent aux 7 milliards de soutien de l’État à l’enseignement privé et aux allègements fiscaux déplafonnés pour le soutien scolaire.

La reconnaissance des diplômes des universités catholiques ouvrira un « marché de la préparation aux concours de la fonction publique », notamment aux concours de l’enseignement public.

Elles contestent le fait que l’enseignement privé catholique doit refuser chaque année 35 000 élèves, alors que beaucoup de ses classes sont en sous-effectif.

Mais au-delà, elles invitent, en cette période électorale, à ouvrir un débat de société.

- À quoi sert l’École ?

- Quel futur citoyen voulons-nous ?

- Le système scolaire doit-il favoriser la compétition entre les établissements et les individus afin de dégager une élite, les perdants de la compétition étant livrés à eux-mêmes, ou doit-il développer des valeurs de solidarité ?

- La liberté de conscience doit être respectée partout et pour toutes et tous.

Les premières organisations signataires sont la FCPE, les DDEN, l’UNL et l’UNEF, le CNAFAL et l’UFAL, et parmi les syndicats enseignants, ceux de l’UNSA-Education, de la FEN et la FERC-CGT.


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