Indicateurs des lycées : reflets de la qualité des établissements ou de la sélection sociale ?

jeudi 15 avril 2010

Le ministère publie pour la 17e année consécutive les résultats des lycées généraux, technologiques et professionnels.
Des chiffres qui mériteraient des analyses plus fouillées et moins d’articles qui exploitent le filon d’un sujet sensible...
Les quelques études qui ont été faites sur les stratégies des parents montrent des approches différentes selon les milieux, et la rumeur locale joue aussi son rôle.
Mais ces classements renforcent indéniablement la concurrence à l’intérieur du système éducatif, entre public et privé et aussi à l’intérieur du public (surtout depuis que la carte scolaire est « assouplie ») comme du privé. Ces logiques alimentent la ghettoïsation de certains établissements et renforcent les inégalités devant l’école.
Ils poussent aussi les écoles - et le corps enseignant - vers des logiques de performance au détriment des logiques éducatives et du travail de longue haleine, et placent les élèves dans un climat de stress qui désavantage les élèves les plus en difficulté.
Or la France est le pays de l’OCDE où les élèves se sentent le plus mal en classe...

Trois indicateurs sont utilisés :
- taux de réussite au baccalauréat 2009,

- taux d’accès de seconde et de première au baccalauréat, qui permet de vérifier si l’établissement garde ses élèves jusqu’au bac ou si au contraire ils partent en cours de route.

- proportion de bacheliers parmi les sortants : permet d’estimer la proportion de bacheliers parmi les sortants, élément qui permet de voir si le lycée se « débarrasse » des élèves recalés au bac, ou s’il leur permet de redoubler dans l’établissement.

On peut alors apprécier la valeur ajoutée de chaque établissement (qui peut être positive ou négative).
Il s’agit de la différence entre le pourcentage de bacheliers 2009 d’un lycée, et le taux de réussite qu’on pourrait espérer de lui, compte tenu de l’âge, l’origine sociale, le sexe ou le niveau scolaire (apprécié par la moyenne des notes aux épreuves écrites du brevet de ses élèves de terminale.

Il est dommageable que le 1er critère (taux de réussite au bac) soit le plus souvent le seul pris en compte.
Pourtant la consultation des indicateurs montre que les établissements prestigieux (publics ou privés) apportent peu de plus value. Les études ministérielles montrent que ceux qui ont les meilleurs résultats sont aussi parfois ceux qui éliminent le plus d’élèves en cours de route …

De ce fait, la France connait de très importants écarts entre les établissements (et ne participe pas à cet aspect de l’enquête PISA...).

Le taux de succès d’un lycée dépend fortement des caractéristiques sociologiques des élèves. Le taux de réussite au bac est de
- 90% pour les élèves dont les parents sont cadres,
- 86% pour les professions intermédiaires,
- 83% pour les employés,
- 76% pour des parents ouvriers.

On observe également un fort écart entre sexes : 81% des garçons sont reçus contre 85% des filles. Ce taux cache en fait un écart trois fois plus grand : 70% des filles d’une génération seront bachelières contre 58% des garçons.

A données sociales égales, certains établissements s’en tirent mieux que d’autres. Autrement dit il n’y a pas une fatalité sociologique. Il y a aussi la part de l’efficacité pédagogique, mais celle-ci apparaît trop peu dans les chiffres présentés.

Sur le site du ministère

Sur le site de L’étudiant


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