Le sécuritaire à l’école pour « sauver » un président

vendredi 23 avril 2010

Un président qui se prend une volée électorale et qui ne cesse de descendre dans les tréfonds de l’impopularité, et c’est l’école qui est instrumentalisée une fois de plus.

Surtout pas pour y remettre au moins les fonds qui lui ont été enlevés depuis 2007 : la purge continue avec une prévision de 17 000 postes supprimés à la rentrée 2011, à l’occasion de la réforme du lycée (général et technologique).

Mais par trois mesures qui relèvent de la même philosophie réactionnaire, si proche de celle développée par le Front national.

Mesures qui confirment l’orientation antisociale de ce pouvoir. Et qui, pour la suspension des allocations familiales, va produire exactement l’inverse de l’effet recherché (voir analyse de Bernard Defrance).

 Les « mesures » Sarkosiennes

Allocations familiales : en cas d’« absentéisme injustifié » d’un élève, les allocations familiales perçues par sa famille soient « systématiquement » suspendues.

Depuis 2006, les présidents de conseil général peuvent déjà prendre cette décision qui n’a cependant été mise en œuvre que dans « quelques dizaines de cas », a indiqué, le 28 mars, Luc Chatel, le ministre de l’éducation.

Une proposition de loi, à l’initiative du député UMP Eric Ciotti, sera déposée à l’Assemblée nationale « dès la semaine prochaine ». Elle vise à transférer la responsabilité de la suspension du président du conseil général à l’inspecteur d’académie. Cette sanction, très contestée y compris à droite, avait été instaurée en... 1959 et supprimée en 2004 avant d’être rétablie deux ans plus tard.

Policier référent : Les chefs de 53 établissements « particulièrement sensibles », dont la liste n’a pas été rendue publique, se verront proposer d’installer dans leurs locaux « un bureau destiné au policier ou au gendarme référent ». Ce référent se rendra dans l’établissement « une ou plusieurs fois par semaine », afin de « recevoir les jeunes tentés par les chemins de la délinquance », a précisé N. Sarkozy. Il reprend une mesure qu’il a lui-même proposée en 2004 dans les Hauts-de-Seine, quand il en était président du conseil général. Tous les collèges du département accueillent aujourd’hui un policier référent.

L’application du dispositif dans les 53 établissements visés se fera « sur la base du volontariat », a indiqué M. Sarkozy. Les chefs d’établissement réticents devront « le signaler par écrit au ministre de l’intérieur et au ministre de l’éducation nationale ». « Comme ça, chacun prendra ses responsabilités », a précisé M. Sarkozy.

« Perturbateurs » : M. Sarkozy veut « créer dès la rentrée prochaine des établissements spécialisés qui permettront d’accueillir des jeunes de moins de 16 ans qui perturbent gravement la vie scolaire par leur comportement ».

« Aujourd’hui, a-t-il expliqué, il existe des classes relais pour les jeunes en difficultés scolaires. Pour les mineurs punis par la justice, il y a les établissements fermés. Entre les deux, il n’existe rien. » Deux de ces établissements « seront créés en Seine-Saint-Denis sous forme d’internat ».

A la différence des classes relais, qui accueillent déjà des élèves « difficiles » avec l’accord de leurs familles, le placement des élèves pourrait se faire « par une décision judiciaire lorsque les parents refuseraient l’internat pour ces mineurs », a précisé M. Sarkozy.

Source Le Monde

 La suspension des allocations familiales

Absentéisme : 250 000 familles pourraient être privées d’allocations familiales

Dans un étude du ministère de l’éducation, publiée en juin 2009, 5% des élèves du secondaire sont absentéistes selon la définition officielle (quatre demi-journées par mois d’absence non justifiée). Or 5.300.000 élèves sont scolarisés dans le second degré. Donc environ 250.000 familles pourraient être concernées...

Source La Provence

L’analyse de Bernard Defrance (professeur de psychopédagogie et de philosophie de l’éducation)

Il estime que la suppression des allocations familiales en cas d’absentéisme a été maintes fois condamnée - notamment par le Comité des experts de l’ONU sur les Droits de l’Enfant - en tant qu’elle constitue une « punition collective » de toute la famille (du petit frère par exemple, qui n’est en rien responsable des errements du grand frère).

Surtout, elle permet la perversion, l’inversion des rapports économiques dans la famille, le gamin pouvant alors dire à ses parents : « Faites pas chier, sinon je sèche l’école et comment vous payez le loyer ? ».

« Sous prétexte de responsabiliser les parents on fournit aux gamins le moyen de chantage idéal sur leurs propres parents. » Il rappelle enfin que « deux millions d’enfants vivent en France sous le seuil de pauvreté ».

Une étude montre que, contrairement aux idées reçues, les parents des milieux défavorisés ne sont pas spécialement « démissionnaires »…

Un Dossier de la Caisse nationale des allocations familiales réalisé par Mathieu Ichou tord le cou à ce lieu commun.

Quand on examine qui participe aux réunions ou aux rencontres avec les enseignants, les écarts entre milieux sociaux sont très faibles. Ainsi, 78 % des parents des zones d’éducation prioritaire participent aux réunions parents-enseignants, 79,3 % aident aux devoirs, contre respectivement 83 % et 80,8 % hors des Zep. Les aspirations des familles populaires ne sont pas moins fortes, et pour les familles d’origine étrangère, elles sont même plus élevées que la moyenne.

Pour lui, le discours sur la démission parentale « permet de dégager les professionnels de l’éducation de leurs responsabilités dans les dysfonctionnements de l’école, en particulier dans les quartiers populaires ».


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